Trêve hivernale en Belgique : l'idée reçue à corriger

Contrairement à la France, la Belgique ne connaît pas de trêve hivernale générale interdisant les expulsions. Ce qui existe réellement, et le pouvoir d'appréciation du juge.

Mis à jour le 9 août 2026

Logement dégradé ou insalubre en Belgique (illustration)
Illustration — image générée, non contractuelle.

Il n'existe pas en Belgique de trêve hivernale générale comparable au régime français. Aucune règle nationale n'interdit automatiquement toute expulsion pendant les mois d'hiver. C'est l'une des confusions les plus répandues, entretenue par la proximité linguistique avec l'information française qui circule en ligne.

Cela ne signifie pas pour autant qu'une expulsion se déroule en hiver comme en juin.

Ce qui existe réellement

Le pouvoir d'appréciation du juge de paix. L'expulsion nécessite une décision judiciaire, et le juge dispose d'une marge pour accorder des termes et délais. Il tient compte des circonstances : situation familiale, présence d'enfants, état de santé, saison, perspectives de relogement.

Autrement dit, la période hivernale n'est pas une interdiction, mais elle peut être un élément d'appréciation parmi d'autres.

Le délai de recours. L'occupant dispose d'un délai de 8 jours à compter de la connaissance de l'ordonnance d'évacuation pour la contester.

Les dispositifs sociaux. Des mécanismes de relogement et d'accompagnement existent, notamment via les CPAS, et particulièrement en période de grand froid. Ils ne suspendent pas la procédure judiciaire mais influencent son exécution pratique.

Les règles locales. Certaines dispositions ou pratiques peuvent exister au niveau local ou régional. Vérifiez la situation applicable à votre commune.

Les durées réelles d'une expulsion

C'est la donnée qui compte davantage que la saison.

SituationVoieDurée observée
Squat (occupation sans titre)Requête au juge de paixPlusieurs semaines à plusieurs mois
SquatVoie pénaleGénéralement 1 à 3 mois
Locataire en arriéréJuge de paix, contentieux locatifPlusieurs mois

Ces durées varient fortement selon l'encombrement du canton judiciaire et selon que le dossier est contesté ou non. Un occupant assisté d'un avocat allonge sensiblement la procédure.

Pourquoi cette confusion coûte cher aux propriétaires

Deux erreurs symétriques découlent de la croyance en une trêve hivernale belge :

Attendre le printemps pour engager la procédure. Des mois perdus sur la base d'une règle qui n'existe pas. Or la durée de la procédure elle-même est bien plus longue que la saison : engager en novembre, c'est souvent obtenir une décision au printemps de toute façon.

Croire qu'une décision obtenue sera exécutée immédiatement en janvier. Le juge peut accorder des délais, et l'exécution pratique dépend aussi du concours de l'huissier et de la police.

La bonne approche est de raisonner en durée totale de procédure, pas en calendrier saisonnier.

Ce que ça change pour un propriétaire qui veut vendre

Vous n'êtes pas obligé d'attendre la fin de l'expulsion pour vendre. Un bien occupé — avec locataire en arriéré ou occupant sans titre — peut être vendu : l'acquéreur reprend le bien dans son état d'occupation et poursuit la procédure.

Le calcul à faire est celui du coût de l'attente :

  • précompte immobilier et charges pendant toute la procédure ;
  • assurance à maintenir ;
  • frais d'huissier et d'avocat ;
  • dégradations éventuelles ;
  • risque de taxe sur les logements inoccupés selon la rédaction du règlement communal.

Cumulés sur douze à dix-huit mois, ces coûts approchent souvent la décote qu'un acquéreur professionnel appliquera. C'est cette comparaison-là qu'il faut faire — et non comparer le prix proposé à celui d'un bien libre.

Questions fréquentes

Existe-t-il une trêve hivernale en Belgique ?

Non, pas de trêve hivernale générale comparable au régime français. Aucune règle nationale n'interdit automatiquement les expulsions en hiver.

Peut-on expulser un locataire en janvier ?

Il n'y a pas d'interdiction de principe. Le juge de paix peut toutefois accorder des termes et délais en tenant compte des circonstances, dont la saison.

Combien de temps prend une expulsion ?

Plusieurs semaines à plusieurs mois pour un squat par voie civile, généralement un à trois mois par voie pénale, et plusieurs mois pour un locataire en arriéré. L'encombrement du canton judiciaire fait varier ces durées.

Quel est le délai de recours de l'occupant ?

Huit jours à compter de la connaissance de l'ordonnance d'évacuation.

Le CPAS peut-il bloquer une expulsion ?

Le CPAS intervient dans l'accompagnement et le relogement. Il ne suspend pas la procédure judiciaire, mais son intervention peut influencer l'exécution pratique.

Faut-il attendre le printemps pour lancer la procédure ?

Non, c'est une erreur fréquente. La durée de la procédure dépasse généralement la saison : attendre revient à décaler l'issue d'autant.

Puis-je vendre pendant la procédure d'expulsion ?

Oui. L'acquéreur reprend le bien dans son état d'occupation et poursuit la procédure. L'occupation doit être clairement mentionnée dans le compromis.

Un bien occupé que vous ne récupérez pas ?

Nous rachetons des biens occupés partout en Belgique — squat, occupation sans titre, locataire en arriéré, procédure en cours. Vous n'attendez pas la fin de l'expulsion pour être payé.

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Information générale sur le droit belge. Les délais et pratiques varient selon le canton judiciaire : consultez un avocat ou la justice de paix compétente.

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