Division d'immeuble non autorisée : l'infraction la plus fréquente
Transformer une maison en plusieurs logements suppose une autorisation. Ce que risque le propriétaire d'un immeuble divisé sans permis, et pourquoi cela bloque la vente.
Mis à jour le 9 août 2026

Diviser un immeuble en plusieurs logements est soumis à autorisation. Réalisée sans permis, cette division constitue une infraction urbanistique — et c'est de loin la plus fréquente dans le bâti urbain belge. Elle est aussi celle qui pose le plus de problèmes à la vente, parce qu'elle porte sur la nature même du bien.
Pourquoi c'est si répandu
Le phénomène a une histoire simple : des maisons unifamiliales de grande taille, dans des quartiers urbains, devenues difficiles à occuper ou à vendre comme telles, ont été transformées progressivement en appartements ou en chambres louées.
Ces transformations se sont faites au fil des décennies, souvent sans permis, parfois avant que la réglementation ne soit aussi stricte. Le propriétaire actuel a fréquemment acheté le bien déjà divisé, sans savoir que la division n'était pas autorisée.
L'infraction reste pourtant attachée au bien, et elle ressort des renseignements urbanistiques au moment de la vente.
Le triple problème
Une division non autorisée s'accompagne généralement de deux autres difficultés, et c'est le cumul qui rend ces dossiers difficiles :
1. L'infraction urbanistique elle-même. Le bien est officiellement un logement unifamilial, alors qu'il en contient plusieurs.
2. La non-conformité dimensionnelle. Les unités créées sont souvent sous-dimensionnées au regard des normes régionales — surface, hauteur sous plafond, éclairement naturel. Une chambre borgne ou des combles trop bas ne se corrigent pas sans toucher à la structure.
3. Le surpeuplement ou l'inadéquation des équipements. Sanitaires partagés, absence de cuisine dans chaque unité, installation électrique unique pour plusieurs logements.
C'est cette combinaison qui conduit fréquemment à un classement en insalubre non améliorable : la mise en conformité supposerait de défaire la division, donc de refaire le bien entièrement.
Ce que ça change à la vente
Le bien ne vaut pas ce que rapportent ses loyers. Un vendeur raisonne souvent en rendement locatif : trois logements loués représentent un revenu, donc une valeur. Mais un acquéreur qui découvre que la division n'est pas autorisée valorise le bien comme une maison unifamiliale à rénover, pas comme un immeuble de rapport.
Le financement bloque. Les banques prêtent difficilement sur un bien dont la situation urbanistique ne correspond pas à l'usage. C'est la principale cause d'échec des compromis sur ce type de bien.
Les revenus locatifs peuvent être remis en cause. Si les logements sont par ailleurs déclarés non conformes, la location devient interdite — et en Flandre, louer un logement déclaré ongeschikt est punissable.
Régulariser : est-ce possible ?
Cela dépend d'abord de la zone et des prescriptions applicables. Une division peut être admissible là où l'urbanisme la permet et où les logements créés respectent les normes. Elle ne l'est pas si la zone l'exclut, ou si les unités sont irrémédiablement sous-dimensionnées.
L'ordre logique de la démarche :
- Vérifier l'admissibilité de la division en zone — un premier avis technique coûte peu.
- Vérifier la conformité dimensionnelle de chaque unité. C'est souvent ici que le projet s'arrête.
- Chiffrer le dossier de régularisation, généralement 1 500 à 4 000 € d'honoraires en Wallonie, plus une amende éventuelle pouvant atteindre 10 000 €.
- Comparer au gain de valeur attendu.
Si les unités ne peuvent pas être mises aux normes, la régularisation n'aboutira pas, quelle que soit la qualité du dossier.
L'alternative : vendre en l'état
Vendre un immeuble divisé sans permis est parfaitement possible, à condition d'informer l'acquéreur et d'annexer les renseignements urbanistiques.
Le marché se limite alors aux acquéreurs disposant de fonds propres et à ceux qui traitent ce type de dossier de façon courante — investisseurs et sociétés de rachat, qui savent soit régulariser, soit reconvertir le bien en unifamilial.
Pour un propriétaire, l'avantage est le délai et la certitude : pas de condition suspensive de crédit, pas de rétractation au moment de la découverte du problème.
Questions fréquentes
Faut-il un permis pour diviser une maison en appartements ?
Oui. La division d'un immeuble en plusieurs logements est soumise à autorisation. Réalisée sans permis, elle constitue une infraction urbanistique.
Suis-je responsable si j'ai acheté le bien déjà divisé ?
L'infraction est attachée au bien et ressort des renseignements urbanistiques, même si vous n'en êtes pas l'auteur. Vous devrez en informer votre propre acquéreur.
Peut-on régulariser une division ?
C'est possible si la zone l'admet et si les logements créés respectent les normes régionales de surface, de hauteur et d'éclairement. Ce second point bloque fréquemment les dossiers.
Combien coûte la régularisation ?
En Wallonie, comptez 1 500 à 4 000 € d'honoraires, principalement d'architecte, plus une amende éventuelle pouvant atteindre 10 000 € pour une construction sans permis.
Puis-je continuer à louer les logements ?
Si les logements sont déclarés non conformes, la location peut être interdite, et elle est punissable en Flandre pour un logement déclaré ongeschikt. L'infraction urbanistique et la conformité du logement sont deux questions distinctes.
Pourquoi mon immeuble se vend-il moins que sa valeur locative ?
Parce qu'un acquéreur informé le valorise comme une maison unifamiliale à rénover, et non comme un immeuble de rapport, tant que la division n'est pas régularisée.
Puis-je vendre sans régulariser ?
Oui, en informant l'acquéreur et en annexant les renseignements urbanistiques au compromis.
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